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“LE MONAL”, est toujours un toponyme non élucidé à ce
jour, malgré les écrits mnémoniques, malgré mon
héritage ancestral et n’en déplaise aux grands
hommes en mal d’érudition. Ce
mystère s’accentue d’ailleurs, un peu plus
par l’impression mystique, qui se dégage de
ces lieux intemporels (visitez-le en automne!).
“Monos”, “Monial”, peu importe, l’hypothétique nom de lieu, scelle son histoire derrière chaque vestige monacal. En effet, sous l’impulsion monastique (Bénédictins, Cisterciens, Templiers, moines blancs de Saint-Bernard, plusieurs centaines de croyances religieuses formaient alors, la Savoie du XIV siècle), on essartait les terres pour accroître les alpages, et faire face aux démographies galopantes. Ce défrichement, avait déjà été entrepris en période préceltique, par les premiers habitants des Alpes : Les Ceutrons, puis laissé en suspens. Il faut imaginer, il y a presque 500 ans, ces contrées hostiles : accessibilité uniquement estivale par sentier muletier, peu évidente, (pas de réseau routier, animaux sauvages, brigands...), dureté du climat, etc... Par conséquent, selon les époques (poussées démographiques, famines, invasions, épidémie de peste, période de glaciation etc..), l’homme, en proie au doute, édifiait, en cas de salut, une chapelle, un oratoire, un culte.
Le hameau du Monal, s’est niché à 1874 mètres d’altitude, dans l’hypothèse d’une tectonique alpine souple, composée de roches métamorphiques, gneiss, schistes lustrés-, entre de nombreuses cassures, dans le soubassement triasique -calcaire, quartzite (ère secondaire).Issu de l’érosion glaciaire du quaternaire, qui a morcelé le paysage en auges et en verrous suspendus, séparés par des brèches, qui ensuite ont pu être utilisées par les eaux sous-glaciaires et postglaciaires. Ces mêmes
eaux, ont suivi les auges, emprunté les brèches,
et dégringolé, enfin, vers la vallée
de l’Isère.
Voilà substantiellement, comment s’est crée le singulier relief de monticules et de lacs qui constitue, l’incomparable paysage alpestre, au milieu duquel, s’est construit pour l’inalpage, autour de la chapelle St-Clair, vers 1550, dans un premier temps, le hameau du Monal. Celui-ci s’agrandira, plusieurs décennies plus tard, de quelques chalets, à sa sortie direction le Clou (“Séru”). Les dernières constructions excentrées se réaliseront, courant XVIII, XIX siècle, proche du torrent du Clou (“Kivir”)
Tous les matériaux servant à la construction, étaient pris sur place : le mélèze (bois dur et imputrescible) pour la menuiserie et la charpente, les pierres (quartzites, gneiss) pour les murs, la lauze (schiste) pour la couverture, la chaux grasse de gypse pour le crépi (fours). Généralement, la façade principale était orientée plein Sud (chaleur/clarté) et au Nord ou en amont, on accédait aux granges.
Le rez-de-chaussée était pour les animaux, à l’étage se trouvait une pièce habitable séparée avec la grange, où l’on stockait bois, foin, outils, dessus. Sous la toiture (“Tavaillon”) séchait le foin vert, peaux… Comme beaucoup de chalets de remue, chaque famille dispose d’une “Bouida”, terme désignant une cave en patois. Petit igloo en pierre, traversée astucieusement par l’eau, assurant ainsi une réfrigération idéale quant à la conservation des produits laitiers (beaufort, tomme, sérac, persillé, lait, beurre, présure etc.) Ces petits canaux (“Rivettes”) entre les lacs (“Gouilles”) provenant de la résurgence de lacs glaciaires situés en amont dans le vallon du Clou étaient, et sont encore aidés par l’homme (les propriétaires riverains) à l’automne, en piochant les bords avec une “Sappa” afin que l’eau ne stagne pas dans le site et donc dans les écuries des habitations. Par ailleurs, ce geste séculaire permet d’éviter un probable comblement de cette catégorie dite de ”lacs de pelouse”. Ces gouilles sont habitées par des truites, grenouilles, tritons... En été, l’eau peut atteindre les 12°c.
Hommes et troupeaux inalpaient aux environs de la St-Jean, jusqu’à la St-Michel. Ils vivaient également de cultures céréalières : froment, seigle, poussaient rapidement grâce à un climat chaud et sec l’été (trace d’orge à l’Echaillon fin XIX). La pomme de terre apparue dans la moitié du XVIII siècle, selon la mappe Sarde, deviendra l’aliment de base. La fenaison était engrangée en partie sous les toits et redescendu en charrette sur Ste-Foy, avec d’autres récoltes, en vue de l’hiver et ses longues veillées; on laissait le minimum, à cause du gel, et de l’eau qui circule sous les maisons (système de drains), pouvant engendrer une putrescence des aliments. En période d’abondance, seules les graines céréalières ”hibernaient ”dans les coffres.
Du premier recensement de 1561 aux premiers registres paroissiaux apparus fin XVIII siècle, nous ne trouvons aucun acte de naissances, mariages, décès en période hivernale, ce qui tendrait à prouver qu’il n’y a jamais eu d’habitat permanent jadis, comme je l’entendais, enfant, de la bouche de mes grands-parents. Pour clore ce chapitre, il convient d’ajouter, que depuis l’annexion de la Savoie en 1860, des actes se sont volatilisés, et des archives ont été brûlées sur la commune de Sainte-Foy-Tarentaise. Il en résulte donc, que trop d’interrogations subsistent, et que les élucubrations vont bon train pour vendre ...des livres. Malheureusement pour nos enfants, les faits et gestes de leurs ancêtres se sont perdus peu à peu, de génération en génération, avec le temps, et ses mutations politico-économiques (annexion, guerre, “’or blanc”...). Pourtant, cette mémoire intrinsèque (mœurs, patois etc..) faisait aussi parti de notre patrimoine, non?, alors, cette note informelle, n’a d’égale que ma nostalgie et ma rancœur.....
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Le refuge du Monal - Chef Lieu BP n°2 73640 Sainte Foy Tarentaise Mobile : +33 6 07 38 24 69 - Email : refuge.lemonal@orange.fr |
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